Revue de presse kinoise de ce mercredi 11 mai 2022

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Les journaux parus ce matin, dans la capitale congolaise, ont largement commenté l’éviction du président de la Cour constitutionnelle, Dieudonné Kaluba, hier mardi, après un tirage au sort à la haute Cour.

« Après le tirage au sort à la Cour constitutionnelle, Dieudonné Kamuleta élu nouveau président », écrit L’Avenir à sa Une. La Cour constitutionnelle a un nouveau président, il s’agit de Dieudonné Kamuleta Badibanga qui remplace le juge Dieudonné Kaluba. Et ce, à l’issue d’un tirage au sort qui s’est déroulé à huis clos, rapporte le confrère. 

Ce changement de juge président a diversement été commenté par les médias. Pour La Tempête des Tropiques, cela a été fait conformément aux dispositions des articles 158 alinéa 4 de la Constitution et 6 alinéa 2 de la loi organique du 15 octobre 2013. « A cet exercice prévu par le règlement intérieur de cette instance judiciaire du pays, Dieudonné Kaluba, président en exercice et le haut juge Prince Funga, sont écartés », ajoute ce quotidien. Avec ce départ, poursuit le journal, il appartient donc à chaque composante (Parlement, Président de la République et Conseil Supérieur de la magistrature) de désigner chacune un nouveau membre, afin de permettre à cette juridiction d’afficher complet (neuf juges). 

D’autres journaux perçoivent un règlement des comptes du président de la République contre le juge Kaluba suite au dossier judiciaire de l’ancien Premier ministre, Augustin Matata Ponyo. « Kaluba ‘‘chassé’’ à cause de Matata », s’est exclamé le trihebdomadaire, Congo Nouveau. « Dans des salons politiques, plusieurs hypothèses sont soulevées, mais la plupart lient la chute de Dieudonné Kaluba au dossier Matata. », avance le confrère. Le journal rappelle qu’aussitôt lavé, Augustin Matata a, à l’issue du premier congrès de son parti, LGD, déclaré sa candidature à la présidentielle prévue en 2023. Et une semaine après, c’est celui qui l’a « dédouané » qui se voit « chasser » de ses fonctions.               

Depuis l’arrêt du 15 novembre 2021 par lequel la Cour constitutionnelle se dit « incompétente » pour juger l’ancien Premier ministre Matata dans l’affaire Bukanga Lonzo, on savait que le sort du juge Dieudonné Kaluba, président de la Cour constitutionnelle était scellé, ajoute pour sa part, Eco News. Ceux qui ont commandité le procès Matata auraient bien voulu voir le juge Kaluba trahir le droit qu’il enseigne à l’Université de Kinshasa. « Mais, fidèle à la science qui a fait sa réputation, le juge Kaluba n’a pas flanché, en disant le droit ce jour du 15 novembre 2021 », commente ce trihebdomadaire.  

Pour sa part, Africa News, perçoit aussi « un départ controversé » pour le juge Kaluba. Pour ce journal, Dieudonné Kaluba a connu une fin qui laisse l’opinion dans un questionnement sans précédent. Forum des As, de son côté, parle de « gâchis » en reprenant les mots du député Delly Sesanga. « Quel gâchis de voir ainsi défigurée notre oeuvre commune pour un Etat de droit ! », s’est exclamé Sesanga relayé par ce tabloïd.  

Cependant, Le Potentiel qui rappelle que ce tirage au sort, qui reste un dispositif clé de l’indépendance de la Cour constitutionnelle, loin de la polémique politicienne, les dispositions constitutionnelles et légales n’indiquent en rien qui sont les juges concernés et non concernés. Il est simplement fait état du tirage au sort du membre sortant par groupe pour les membres initialement nommés, explique le quotidien. C’est dire, s’agissant de trois membres nommés à l’initiative du président de la République, il était probable pour chaque nom d’être tiré sortant à 33,33%, explique cet autre quotidien. 

Dido Nsapu


11-May-2022

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