Ayant participé dans la chanson humanitaire « Croix Rouge » contenue dans le célèbre album « Kibwisa Mpimpa » de Warrason, le Camerounais Manu Dibango a été d’un apport extraordinaire dans cet opus du musicien congolais. L’une des stars les plus populaires de la République démocratique du Congo s’est souvenue de lui après les déchirantes nouvelles de sa mort, à Paris, des suites du Covid-19. « Papa Manu, une âme qui a tant influencé la musique africaine, un poète, un écrivain, un artiste, un sage et un protecteur. J’aurai pu avoir les mots justes pour exprimer ma douleur et témoigner de ta grandeur…mais hélas… », a posté sur son compte facebook, l’artiste musicien Werrason.


Celui qui se surnomme le « Roi de la forêt » s’est rappelé également des collaborations qu’il a eues avec le grand Manu Dibango, notamment à l’Olympia de Paris. « Absent physiquement à jamais mais dorénavant inoubliable dans ma vie. Tu as été avec moi à Bercy, dans Kibwisa Mpimpa, tu m’as invité dans ton concert de Olympia de Paris… Nous avons passé des bons moments en Afrique et en Europe. Je présente ici mes sincères condoléances à la famille biologique d’Emmanuel N’Djoké Dibango, au peuple camerounais et à tous ses fans dans le monde. Que ton âme repose en paix ! », a-t-il écrit.


Des mots poignants qui témoignent de la proximité que Werrason avait eue à un moment de sa carrière avec ce grand baobab de l’Afrique aujourd’hui déraciné, mais qui restera à jamais dans les cœurs des Africains. Emmanuel N'Djoké Dibango dit Manu Dibango est un saxophoniste et chanteur camerounais de world jazz. Il est né le 12 décembre 1933 à Douala au Cameroun et mort le 24 mars 2020 à Melun, en France.


Son succès considérable obtenu avec Soul Makossa en 1973 avait fait de lui l’un des pères fondateurs de la worldmusic. Le jazzman camerounais était également considéré comme le parrain de la scène musicale africaine qui s’est développée à Paris, d’abord de façon souterraine à partir de la fin des années 60 puis à la lumière à partir des années 80, et dont il fut le catalyseur. Au fil du temps, son image s’était même progressivement confondue avec l’Afrique, écrit RFI. A Kinshasa, l’autre grand d’Afrique, Koffi Olomide, n’a pas manqué de lui rendre hommage.


Dido Nsapu


(DN/PKF)