A Bukavu, Mukwege promet la justice et des réformes dans l’armée

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Devant une foule rassemblée à la place de l'indépendance à Bakavu, samedi 25 novembre 2023, le candidat président de la République, Denis Mukwege, a égrainé les grandes lignes de son programme. Il promet de commencer par structurer et moderniser l'armée, la police et les services de renseignements, une fois élu président de la République. La justice reste également au cœur de ses priorités.

La question de la sécurité et la justice reste prioritaire pour Denis Mukwege. « Nous allons commencer par structurer et moderniser l'armée. L'armée a notamment pour rôle de protéger les frontières du pays. Nous allons faire de grandes réformes dans l'armée, la police et les services de renseignement. Nous allons faire une armée avec trois piliers dont la vigile militaire, la technique militaire et de meilleures conditions de vie. Pour la police, il faut des éléments avec un bon niveau de formation,  des policiers légistes, équipés et bien payés », a-t-il déclaré.

Son discours s’est essentiellement focalisé sur les douze piliers qui composent son projet de société. Denis Mukwege est revenu sur la genèse de son métier de médecin. Pour lui, il s’agit de la situation de l’insécurité et des cas des violences sexuelles récurrents qui continuent à sévir en République démocratique du Congo jusqu’à présent. Avec ses dénonciations et celles de la société civile, les Nations unies ont rédigé le rapport Mapping. Le célèbre gynécologue pensait que la situation allait s’améliorer puisque c’est un rapport des Nations  Unies elles-mêmes. Mais ce n’était pas le cas. Ce qui l’a obligé à prendre son bâton de pèlerin et de commencer à sillonner le monde pour réclamer justice en faveur des victimes.
 
« Je suis arrivé presque partout dans le monde pour réclamer la justice pour les Congolais. J’ai usé de toute mon intelligence pour trouver justice. Mais partout où j’arrivais, on me disait : tu es membre de la société civile, tu n’es pas mieux placer pour réclamer justice. Pour y arriver, le Conseil de sécurité dit que c’est tout simplement un plaidoyer que vous devez faire », a-t-il révélé.
 
Denis Mukwege affirme avoir essayé avec le régime de Joseph Kabila pour obtenir des réponses à son combat pour la justice mais sans succès. « J’ai essayé avec le régime passé mais ce n’était pas possible. Avec l’actuel régime, j’ai eu des promesses, mais ça ne s’est pas concrétisé », a-t-il indiqué.
 
Ce qui l’a contrait à se présenter pour implémenter lui-même son projet de justice et de sécurité pour des millions de Congolais. « Et j’ai commencé à me demander, comment je peux demander ce que moi-même je peux réaliser ? », s’est-il demandé.
 
 Mukwege pense que la situation de la guerre dans l’Est du pays a atteint un niveau incommensurable. La souffrance dépasse tout entendement. Et c’est comme si la population est déjà habituée avec cette situation. Ce qui n’est pas normal, selon lui. Il affirme que la paix reste cruciale pour tout développement. « La paix et la sécurité sont la racine du développement. Et rien ne peut être fait dans l’insécurité. Cela passe notamment par la réforme de l’armée, une armée organisée, car la nôtre, est détruite depuis 1996 », a-t-il laissé entendre.

Il se présente comme détenant une mission de sécurité et promet de ne pas faire carrière en politique. « Je ne ferai pas de carrière politique », a-t-il promis, mais plutôt  remplir sa « mission » pour la sécurité.

Dido Nsapu


26-Novembre-2023

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