COP28 : en RDC, des acteurs de la société civile s’opposent à la vente des blocs pétroliers et gaziers

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Ils n’ont jamais été d’accord avec la décision du gouvernement d’exploiter les blocs gaziers et pétroliers en République démocratique du Congo. Le 28 novembre 2023, à la veille de la COP28 qui débute ce jeudi 30 novembre à Dubaï, aux Emirats Arabes Unis, les acteurs de la société civile évoluant dans le secteur de l’environnement ont réitéré leur position : « laissons le pétrole de la RDC sous sa terre ».

Joseph Bobia, acteur de la société civile a, dans une déclaration des membres des organisations des droits de l’environnement, des peuples autochtones pygmées et des communautés, insisté sur les conséquences catastrophiques sur la biodiversité et le climat en cas d’exploitation du pétrole congolais dans les blocs choisis par le gouvernement dans son dernier appel d’offre. 

Ce membre de la société civile épingle également l’impact négatif de cette exploitation sur le vécu des communautés locales. Pour lui, le processus des appels d’offres des 27 blocs pétroliers et 3 gaziers a connu plusieurs illégalités et incohérences au niveau du cadre légal et règlementaire. Mais, également, il y a des questionnements sur le respect des normes et l’expertise des entreprises associées aux blocs actifs. 

Joseph Bobia martèle en soulignant que les communautés et les populations autochtones pygmées n’ont préalablement pas été informées ni consultées pour ce processus qui transformerait leurs espaces de vie de façon irréversible. D’ailleurs, note la source, quelques-unes d’entre ces communautés ont commencé à exprimer leur forte opposition à l’exploitation du pétrole dans leurs territoires. 

A en croire ce défenseur de l’environnement, cette exploitation ne sera pas la solution miracle au problème économique congolais. Mais, la RDC, contrairement à plusieurs pays qui n’ont que le pétrole comme richesse, dispose d’une diversité de ressources capables de booster son développement tout en assurant la durabilité. 

Joseph Bobia soutient que comme cela a déjà été prouvé à maintes reprises, l’exploitation des ressources naturelles dans les zones de conflits, et c’est le cas notamment de l’Est de la RDC, dans la plupart de cas, exacerbe ces conflits et favorise la criminalité.  Cette initiative va absolument à l’encontre des objectifs climatiques globaux et nationaux, pouvant augmenter les émissions de carbone de manière significative, estime-t-il. Joseph Bobia craint que cette exploitation pétrolière transforme l’image que se taille la RDC de « Pays Solution » en une coquille vide.

En outre, M. Joseph Bobia a fait savoir que pour épargner le pays de ce qu’il qualifie de catastrophe écologique, socio économique et culturelle, les défenseurs des droits de l’environnement demandent à l’Etat congolais de retirer les blocs pétroliers et gaziers (pas seulement ce qui se trouvent dans les aires protégées) et l’exhortent à poursuivre une voie de développement plus équitable et durable, basé sur quelques priorités fondamentales, notamment une transition énergétique juste, favorisant les énergies renouvelables (micro et mini barrage, solaires, géothermie, éolienne, photovoltaïque et biomasse). 

Ces défenseurs de l’environnement plaident aussi pour la mise en valeur d’autres potentialités, telles que l’agriculture durable et la pêche, ainsi que la réalisation des droits collectifs aux terres  des populations locales et autochtones comme condition préalable à la protection des forêts et à la croissance économique équitable. 

Il a enfin proposé une égalité dans le partage des bénéfices de la croissance économique, avec un fort accent sur la lutte contre la pauvreté et l’inclusion des groupes traditionnellement défavorisés afin de résoudre certaines inégalités.  

Gisèle Mbuyi


29-Novembre-2023

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