Soutien présumé de Kabila au M23 : J-C Katende appelle à l’interpellation de Kabuya et Eliezer Ntambwe pour « faux bruits »

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Dans un post sur son compte X, le président national de l'Association africaine de défense des droits de l'homme (ASADHO), a appelé la justice à poursuivre le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya et le député Eliezer Ntambwe afin qu’ils apportent des preuves de leur accusation contre l’ancien président Joseph Kabila et son parti, le PPRD.

Jean-Claude Katende pense que ces accusations sont graves et méritent l’attention de la justice. « (…) J'appelle la justice à interpeller Monsieur Augustin Kabuya et Monsieur Eliezer Tambwe pour qu'ils fournissent des preuves des accusations qu'ils portent contre le Président Kabila et le PPRD. Ils les accusent d'être derrière le M23 et le Rwanda qui tuent et pillent à l'Est du Congo. Des accusations graves qui méritent l'attention de la justice », a-t-il écrit sur son compte X.

Ce défenseur des droits de l’homme estime que si ces accusations ne se font pas suivre de preuves, les deux personnalités politiques de l’Union sacrée pour la Nation devraient être poursuivies pour l’infraction  de propagation des « faux bruits ». Pour Jean-Claude Katende, dans le actuel où le pays traverse une crise sécuritaire, il ne faut pas  jouer avec des telles accusations. « S’il n’a pas des preuves, la justice devrait le poursuivre pour propagation de faux bruits et diffamation. Dans le contexte actuel, il ne faut pas jouer avec ce genre de déclarations sans en avoir des preuves irréfutables », a-t-il ajouté.  

Au cours d’une matinée politique au siège de l’UDPS à Kinshasa, dans la commune de Limete, Augustin Kabuya a affirmé, samedi 30 mars, que Joseph Kabila savait que ses membres du parti allaient rejoindre la rébellion du M23 qui sévit dans l’Est de la RDC. C’est ainsi qu’il avait quitté le pays « en catimini » sans aviser les services compétents. « La situation dans laquelle nous nous trouvons, c’est toujours Joseph Kabila qui est à la base. Joseph Kabila était sorti du pays par quelle frontière de la DGM [Direction générale de migration, Ndlr] ? (…) Il savait tout ce qui se faisait [dans l’Est du pays]. Il savait que ses hommes allaient rejoindre [la rébellion] », a déclaré Augustin Kabuya.  

En semaine, un autre député national de l’Union sacrée pour la Nation, Eliezer Ntambwe, a appelé carrément le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur à retirer l’agrément du parti de Joseph Kabila, le PPRD, après avoir constaté que trois de ses membres sont allés grossir les rangs de la rébellion de l’Alliance Fleuve Congo/M23 soutenue par le Rwanda et qui occupe des pans importants des territoires dans la province du Nord-Kivu.

 Le camp de Joseph Kabila a qualifié les propos d’Augustin Kabuya d’irresponsables et qui « frisent la folie ». D’après Madame Barbara Nzimbi, conseillère en communication de Joseph Kabila, le peuple congolais a déjà compris « le mode opératoire » de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti présidentiel. Celui qui consiste à « se plaindre et accuser faussement les autres, oubliant que diriger c’est aussi assumer ». 
   
Le camp de Joseph Kabila rappelle que son leader  est le seul chef d’Etat de toute l’histoire de la RDC « à organiser des élections démocratiques ensuite une alternance pacifique qui a eu pour premier bénéficiaire ce même parti [UDPS]». Face à ces acquis démocratiques, Joseph Kabila « peut-il fuir ? [Ou] mieux abandonner ce pourquoi il s’est investi toute sa vie ? Ou encore être à la base d’une quelconque déstabilisation de cette même nation ? C’est incohérent de réfléchir dans ce sens », a réagi Barbara Nzimbi. 

Dans une autre publication sur les réseaux sociaux, Jean-Claude Katende avait indiqué que ces propos tenus sans preuve « ne contribuent qu'à diviser le pays et à exacerber une situation politique, sécuritaire économique et sociale déjà grave. »

Dido Nsapu


01-Avril-2024

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